Croissance divisée par quatre : quand la France enfonce le clou de sa décadence économique
Depuis trois mois, la France révise constamment à la baisse ses perspectives économiques. Le gouvernement français a revu à la baisse sa prévision de croissance pour 2026, tablant désormais sur une progression de 0,5% du produit intérieur brut, contre 0,7% dans sa précédente estimation. Mais ce chiffre officiel masque une réalité bien plus sombre : l’INSEE vient d’abaisser sa prévision de croissance pour 2026 à 0,4%, contre 0,7% auparavant. À chaque comité d’alerte, la France glisse davantage vers la stagnation.
Cette dégradation progressive révèle l’impotence gouvernementale face aux vrais défis. Le ministre de l’Économie a indiqué que « on a donc divisé par deux les estimations de croissance pour cette année », expliquant cet écart par plusieurs facteurs, dont un effet estimé des vagues de chaleur à hauteur de 0,1 point de PIB, et un impact de la fermeture du détroit d’Ormuz « de l’ordre de 0,2 » point de croissance. Autrement dit, le gouvernement impute ses débâcles économiques à des chocs externes, sans reconnaître ses propres erreurs de politique intérieure.
Une France isolée parmi ses voisins
Pendant que la France trébuche, l’Europe avance. La France serait la seule grande économie avancée dont l’activité ralentirait en 2026, l’Allemagne affichant une croissance de 1%, l’Espagne de 2,6% et l’Italie de 0,9%, soit un rythme 3 fois supérieur à celui de la France. Ce n’est pas une conjoncture malheureuse : c’est l’échec d’un modèle de gouvernance sclérosé qui tue l’initiative économique.
L’INSEE constate qu’« À rebours de ses voisins, l’économie française a décroché ». Cette phrase vaut tous les discours. Quand la majorité des grandes économies accélèrent, la France ralentit. Le diagnostic est sans appel : la France ne souffre pas d’un problème exogène, mais d’une paralysie politique et réglementaire qui étouffe toute dynamique entrepreneuriale.
Des mesures cosmétiques face au gouffre budgétaire
En réaction à ce naufrage annoncé, le gouvernement brandit ses petites économies. Afin de maîtriser les dépenses de l’État, le gouvernement prend 1,3 milliard d’euros de mesures de redressement. Mais c’est une goutte d’eau face à l’hémorragie des finances publiques. Avec ces nouvelles prévisions de croissance, on se rapproche évidemment des 5,3-5,4% de déficit en 2026 que certains prédisaient depuis des mois, avec de grands risques désormais d’être au-dessus.
Le gouvernement dépense 1,3 milliard en « mesures d’économies » tout en l’endettement du pays s’accélère. La mécanique est perverse : chaque ajustement marginal sur les dépenses ordinaires se heurte à l’augmentation de la charge de la dette. Pour chaque euro qu’on gratte à un budget ministériel, c’est un euro de plus qui va payer les intérêts d’une dette devenue monstre.
Le calendrier budgétaire : une échéance sans solution
Ces nouvelles prévisions, présentées comme « l’acte 1 de la séquence budgétaire », interviennent alors que le gouvernement planche sur le projet de budget 2027 qui doit être présenté le 30 septembre. À six semaines du grand rendez-vous budgétaire, le gouvernement brandit des chiffres de croissance déprimants et des économies insuffisantes. Aucun cap clair, aucune réforme structurelle, aucune vision.
À la recherche d’économies, le gouvernement a distillé ces dernières semaines différentes options. Il étudie notamment la possibilité d’une moindre revalorisation des pensions les plus aisées. Voilà le vrai projet gouvernemental : réduire les retraites des couches moyennes et supérieures pour continuer à financer un appareil d’État hypertrophié. Pas de remise en question du modèle économique paralysant, pas de réforme du marché du travail, pas de simplification réglementaire massive : juste du saignage des ressources. La France ne manque pas d’argent, elle manque de courage pour entreprendre les réformes libérales qui la remettraient debout. Le gouvernement continue le spectacle des ajustements marginaux pendant que le pays s’enfonce.