Panatère inaugure des fours solaires à La Chaux-de-Fonds pour un recyclage des métaux dans l’horlogerie
A picture taken in La Chaux-de-Fonds, western Switzerland, on October 2, 2025 shows a mirrors of solar furnaces of the company Panatere designed to melt steel from production waste and recirculate it into industry. (Photo by Fabrice COFFRINI / AFP)
Inauguration et objectif
La société neuchâteloise Panatère a dévoilé vendredi deux fours à concentration solaire dans la cité horlogère de La Chaux-de-Fonds, avec pour ambition de mettre en place une filière de recyclage des métaux alimentée par une énergie verte. L’initiative vise à récupérer les déchets de production des entreprises locales et régionales, pour les refondre en lingots et les réintroduire dans la chaîne d’approvisionnement.
L’objectif régional est de disposer d’un approvisionnement en acier recyclé en circuit court, destiné à accompagner des acteurs des deux côtés de la frontière entre la Suisse et la France.
Raphaël Broye, directeur général de Panatère, a évoqué que ce moment répondait à un rêve de longue date. « Cela fait 10 ans que j’attends ce moment », a-t-il expliqué à la presse. La Chaux-de-Fonds est présentée comme le berceau de l’horlogerie suisse, et Panatère prévoit de poursuivre les essais avec les entreprises locales avant l’ouverture d’une usine en 2028, soit sur place soit dans les montagnes valaisannes.
Des chiffres ambitieux et des perspectives industrielles
Le projet vise une production annuelle de 1000 tonnes d’acier recyclé, fondue grâce à l’énergie solaire et atteignant des températures élevées, approchant les 2000 degrés Celsius dans les fours.
Le site inauguré n’est qu’une étape, selon le porteur du projet, qui souhaite démontrer que cette technologie solaire peut être utilisée à l’échelle industrielle et pas seulement comme concept.
Prototype et défis techniques
Le prototype repose sur un héliostat équipé de miroirs mobiles totalisant environ 140 mètres carrés et une parabole de 10 mètres de diamètre, qui concentrent les rayons vers un creuset où les métaux sont fondus.
Pour mener ce développement à bien, Panatère a dû apprendre à gérer les vents qui déplacent les miroirs, les poussières de sable saharien pouvant atteindre les installations et les variations climatiques locales, avec des températures allant de -20 degrés en hiver à plus de 30 degrés en été.
Modèle économique et retombées locales
Selon Raphaël Broye, un modèle économique viable peut émerger compte tenu des niveaux actuels des prix et de la raréfaction des métaux. Il affirme que la rentabilité pourrait être atteinte même avec des salaires suisses, grâce à un positionnement favorable dans la chaîne d’approvisionnement.
Il estime que cette approche redonne de l’importance aux circuits courts, les prix élevés incitant les horlogers et industriels à prendre conscience qu’ils disposent d’un « trésor » derrière leur usine, à savoir leurs propres déchets et les métaux récupérés.
Perspectives et calendrier
La direction envisage des tests supplémentaires avec des partenaires locaux avant l’ouverture éventuelle d’une usine en 2028, soit sur le site de La Chaux-de-Fonds, soit dans les montagnes valaisannes.