Sébastien Lecornu s’active pour former son gouvernement 2 avant une possible censure
French Prime Minister Sebastien Lecornu delivers a statement at the Hotel Matignon in Paris, on October 3, 2025, before a round of consultations with political parties ahead of the announcement of the new government. (Photo by Alain JOCARD / POOL / AFP)
Contexte et urgence autour du gouvernement Lecornu 2
Les développements autour d’un éventuel gouvernement Lecornu 2 s’accélèrent dimanche soir, dans l’objectif de déposer un budget à temps malgré un week-end marqué par des défections au sein des Républicains et par une hésitation des partenaires centristes.
Selon une source proche de l’exécutif, le Premier ministre était à l’Elysée dimanche soir pour un échange avec Emmanuel Macron. Le calendrier est serré: réunir une équipe et convoquer un conseil des ministres avant les prochaines étapes, alors que le président s’apprête à s’envoler pour l’Egypte et que la Constitution prévoit que le Parlement dispose de 70 jours pour examiner le budget avant le 31 décembre.
Le texte budgétaire, lui, devrait être transmis mardi afin de respecter ce calendrier de travail.
Éléments de contexte et configuration du pouvoir
Nomination à Matignon et risque d’une censure rapide par les oppositions marquent le cadre dans lequel Lecornu tente de boucler une équipe, et ce malgré les nombreuses défections de ses anciens alliés. Le recours à un petit nombre de ministres régaliens et à la titularisation des postes clés des Finances et du Budget est évoqué comme une solution possible pour gagner du temps.
Au sein du parti Les Républicains, les tensions se font sentir. Une ministre sortante, Annie Genevard, pourrait être tentée de rempiler dans le gouvernement Lecornu 2, défiant ainsi la décision de non-participation adoptée par le bureau politique sur ce sujet. Sur X, le jeune LR Théo Am’Saadi a lancé une réaction publique: « Annie, vous ne pouvez pas faire ça », appelant au respect des décisions du Bureau politique.
De son côté, Yannick Neuder, ministre LR sortant de la Santé, a déclaré avoir décliné la proposition de rester dans le nouveau gouvernement.
Développements et options politiques
La pression monte autour de la composition du gouvernement et de l’équilibre des délais. Lecornu, qui avait démissionné lundi dernier en raison de conditions jugées insuffisantes, a indiqué dans les interviews dominicales qu’il pourrait prendre une autre décision similaire si les conditions n’étaient pas réunies, précisant qu’il n’« ne ferait pas n’importe quoi ».
Si une démission venait à nouveau intervenir, la perspective d’une dissolution de l’Assemblée nationale, réclamée en particulier par l’extrême droite, pourrait se rapprocher selon les analyses du moment.
Le président Macron, absent lundi pour un voyage en Egypte destiné à soutenir le plan sur Gaza, avait évoqué lors de différents entretiens et rencontres de la semaine passée la possibilité d’une dissolution si le casting et les délais n’étaient pas résolus, réaffirmant l’importance d’un accord clair entre les partis.
Réactions des partis et enjeux budgétaires
L’enjeu clé reste la question du soutien des autres formations politiques à un nouveau gouvernement et la façon dont ils envisageront le budget et les réformes à venir. Dès que la question du coût politique et des engagements sera clarifiée, les positions pourraient évoluer rapidement.
Du côté du Parti socialiste, Olivier Faure a ouvertement évoqué l’importance, pour une éventuelle censure, de ne pas retirer certains éléments jugés essentiels comme l’abandon du 49-3 et des mesures de protection du pouvoir d’achat, tout en appelant à une suspension immédiate et complète de la réforme des retraites comme gage de bonne foi, selon ses déclarations dans la presse dominicale.
Le PS a d’ailleurs souligné que la censure ou la dissolution ne résoudrait pas à elle seule les questions budgétaires et structurelles de la France, et que des mesures concrètes et un calendrier clair demeurent nécessaires pour ouvrir une nouvelle phase politique, selon les commentaires du premier secrétaire Olivier Faure et d’autres responsables.
Par ailleurs, Marine Tondelier a remis en perspective les coûts et les effets d’une dissolution, rappelant que la précédente dissolution avait entraîné des coûts économiques, et Jérôme Guedj a estimé sur LCI que la dissolution n’est pas une solution souhaitable ni inévitable.
Au sein des formations centristes, Hervé Marseille, président des sénateurs UDI, a averti qu’une censure pourrait intervenir rapidement si les conditions le permettent, tout en soulignant que le PS demeure un partenaire clé dans l’éventualité d’un recours à une dissolution ou à une continuité du pouvoir sous certaines conditions.