Dieselgate à Londres : cinq constructeurs jugés, des milliards en jeu pour les consommateurs

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Dieselgate claimant Adam Kamenetzky poses for a photograph in his Mercedes SUV in London on October 8, 2025. Adam Kamenetzky is one of the plaintiffs in a massive case due to open at London's High Court against five auto manufacturers, Renault, Peugeot-Citroen, Nissan, Ford and Mercedes, in the latest episode of the "dieselgate" scandal that has already rocked Volkswagen. (Photo by Ben STANSALL / AFP)

Procès historique devant la Haute Cour de Londres

Un litige exceptionnel s’ouvre à Londres contre cinq géants de l’automobile, incluant Renault et Peugeot-Citroën, avec Mercedes, Nissan et Ford comme autres mis en cause. Le procès civil, prévu pour une durée de trois mois, se tient devant la Haute Cour et s’inscrit dans le cadre du scandale mondial des voitures diesel truquées, susceptible d’entraîner d’importantes indemnisations.

Contexte et portée internationale

Ce dossier s’inscrit dans une dynamique mondiale où des procédures civiles et pénales ont été engagées dans plusieurs pays, notamment en Allemagne, en France, aux États‑Unis et en Corée du Sud. Les constructeurs sont soupçonnés d’avoir manipulé des véhicules pour passer les contrôles antipollution, en particulier en ce qui concerne les émissions d’oxydes d’azote (NOx).

Des militants et des victimes étaient présents à l’ouverture. Rosamund Adoo Kissi-Debrah, dont la fille Ella, âgée de neuf ans, est morte en 2013 lors d’une crise d’asthme attribuée à la pollution de l’air, était accompagnée d’environ une vingtaine de personnes devant le tribunal. Elle a évoqué les niveaux de pollution qualifiés d’illégaux dans son quartier et a exprimé son souhait d’obtenir des excuses des constructeurs.

Des associations estiment que des millions de voitures diesel circulent encore et pourraient affecter la santé des enfants, appelant à une action gouvernementale pour retirer ces véhicules de la circulation.

Position des marques et éléments juridiques

Volkswagen, souvent associé à l’affaire, avait reconnu en 2015 avoir vendu plus de 11 millions de véhicules équipés d’un logiciel détectant les phases de test afin de réduire les émissions. Le groupe a été jugé coupable à Londres en 2020 d’avoir installé ce logiciel truqueur et a mis fin aux procédures en 2022 par un règlement amiable d’environ 193 millions de livres (environ 222 millions d’euros).

Mais l’affaire est présentée comme beaucoup plus large que Volkswagen et pourrait toucher d’autres constructeurs présents sur le marché britannique. Selon Martyn Day, avocat au cabinet Leigh Day et principal représentant des plaignants, les indemnisations pourraient, selon les preuves de manipulation avancées, atteindre des montants importants.

Ford et Mercedes ont démenti les accusations, tandis que Renault et Stellantis (maison mère de Peugeot et Citroën) soutiennent que les véhicules vendus étaient conformes à la réglementation. Nissan n’a pas souhaité commenter.

Ce qui est en jeu et suites prévues

Au total, environ 1,6 million de conducteurs demandent une compensation au Royaume-Uni. Le procès se concentre d’abord sur la responsabilité des constructeurs; une éventuelle deuxième procédure est envisagée à partir d’octobre 2026 pour les indemnisations.