PFAS détectés jusqu’au Cervin et dans d’autres sites alpins suisses : étude sur la pollution en haute montagne

Erdgas

Erdgastanks der Erdgas Ostschweiz AG. Gasspeicher in Schlieren, mit Fussballplatz oder Hecke oder Schrebergärten im Vordergrund, mit Drohne 06.10.2022 (URS JAUDAS/TAGES-ANZEIGER)

Contexte et objectifs de l’étude

Des PFAS, appelés « polluants éternels », ont été détectés à des altitudes élevées dans les Alpes suisses, jusqu’au sommet du Cervin et sur d’autres lieux emblématiques. Cette étude, menée sur mandat de la marque Rotauf, vise à mesurer la présence de ces substances en haute montagne et à combler un vide de données sur ces zones isolées.

Sites examinés et principaux résultats

Les analyses ont porté sur le Cervin, le Jungfraujoch, le glacier de Morteratsch (GR), le lac d’Oeschinen (BE), la Grosse Scheidegg (BE), le Pilatus (OW/NW) et les stations d’Arosa (GR) et Flumserberg (SG). Tous les sites testés présentaient des PFAS. Les concentrations les plus élevées dans l’eau ont été observées au Cervin et au Jungfraujoch; pour les sols, les valeurs les plus marquées ont été relevées à Arosa. Six des huit sites contenaient du PFOS, une substance interdite depuis 14 ans.

Éléments d’interprétation et limites

Malgré ces détections, les valeurs mesurées pour les PFAS, y compris le PFOS, restaient en dessous des seuils fixés par la Confédération. Cette étude rappelle que l’utilisation de ces substances depuis le milieu du XXe siècle a conduit à leur dissémination dans des zones reculées, et appelle à des études plus approfondies pour mieux comprendre leur propagation.

Regards d’experts et contexte politique

Le spécialiste Basilius Thalmann de l’Université des sciences appliquées de Zurich (ZHAW) souligne que les résultats montrent une présence des PFAS même dans des régions isolées et appelle à des recherches complémentaires pour préciser les mécanismes de dissémination.

Cadre réglementaire et réactions

En septembre, la Confédération a annulé un projet d’étude à long terme sur les PFAS et les pesticides faute de moyens, une décision qui a suscité l’inquiétude chez les Verts, qui regrettent l’absence de suivi programmé de ces contaminations.