Survols de drones en Europe : inquiétudes croissantes et position neutre de la Suisse

Vermehrt stoeren Drohnen die Sicherheit deutscher Flughaefen und Kasernen

Themenfoto:Vermehrt stoeren Drohnen die Sicherheit deutscher Flughaefen und Kasernen. Drohne m Flug. *** Theme photo Drones are increasingly disrupting the security of German airports and barracks Drone in flight

Contexte européen et mesures envisagées

Ces derniers mois, plusieurs États membres de l’Union européenne, notamment le Danemark et l’Allemagne, sont confrontés à des survols mystérieux de drones au-dessus d’infrastructures sensibles comme des aéroports.

Certains États ont déjà pris des mesures. En Allemagne, la police fédérale est désormais autorisée à abattre des drones, et la création d’une unité spéciale de lutte anti-drones est évoquée.

La Suisse reste mesurée

Selon l’Aargauer Zeitung, l’Office fédéral de l’aviation civile (OFAC) ne voit pour l’instant pas le besoin d’agir de manière particulière.

Depuis le début de l’année, 68 observations de drones dans l’espace aérien suisse ont été signalées, établissant un record. Environ la moitié des signalements ont lieu à proximité d’aéroports, précise l’OFAC.

Le porte-parole, Christian Schubert, affirme qu’aucun signe n’indique que ces vols poursuivaient une intention malveillante, criminelle ou même terroriste.

Éléments de sécurité et regard sur les risques

En Suisse, les animaux sauvages apparaissent comme un risque plus important pour l’aviation civile que les drones, d’après l’OFAC. En 2024, 388 collisions ont été recensées avec des oiseaux, lièvres ou renards; en revanche, une collision avec un drone a été enregistrée à ce jour: en 2018, un hélicoptère est entré en collision avec un drone dans le Tessin.

Réactions et perspective militaire

Du point de vue militaire, la situation est légèrement plus préoccupante. Le ministre de la Défense, Martin Pfister, reconnaît que des survols de drones ont déjà eu lieu, notamment au-dessus de l’aéroport militaire de Meiringen (BE). Bien que les détails ne soient pas divulgués, l’armée a demandé à la Confédération l’acquisition d’un système de défense antidrones.

De son côté, l’Office fédéral de l’aviation civile se dit prêt à réagir. Si des survols similaires à ceux observés dans l’UE se produisaient en Suisse, le porte-parole Christian Schubert précise qu’il faudrait «réévaluer la situation en matière de sécurité».