Don d’organes après suicide assisté en Suisse : éthique, cadre et perspectives
Contexte et état des lieux en Suisse
En Suisse, aucun prélèvement d’organes destiné à un don n’est à ce jour pratiqué après un suicide assisté, à l’inverse de certains pays. Cette situation pourrait toutefois évoluer.
Le sujet est également porté par des professionnels de la santé devant la Commission centrale d’éthique (CEE) de l’Académie suisse des sciences médicales (ASSM).
Prise de position de l’ASSM et enjeux éthiques
Cet été, l’ASSM a publié une prise de position sur la question, examinant les enjeux éthiques et posant des conditions préalables à envisager dans ce domaine.
Selon l’organisation, le don et l’assistance au suicide sont chacun des phénomènes établis et acceptés séparément, mais leur combinaison ne peut pas être considérée comme acquise de manière générale.
Le psychiatre Paul Hoff, président de la CEE de l’ASSM, a indiqué au quotidien Tages-Anzeiger qu’un individu qui envisage l’assistance au suicide pourrait être incité à se diriger vers ce choix s’il apprend qu’il pourrait sauver une vie par le don d’organes. Cette hypothèse souligne l’importance d’un cadre clair pour éviter que le don d’organes devienne une motivation indirecte.
Cadre et précautions
Pour éviter toute influence sur la décision de mourir, il est jugé essentiel de définir des conditions strictes et un cadre éthique rigoureux autour du lien entre suicide assisté et don d’organes.
Perspectives et chiffres potentiels
Les estimations suggèrent qu’environ 10% des personnes souhaitant recourir à l’assistance au suicide pourraient être médicalement éligibles au don d’organes, ce qui représenterait environ 170 personnes par an en Suisse et constituerait près du doublement du nombre actuel de dons.
Si la pratique du don d’organes après suicide assisté venait à s’inscrire, la CCE et l’ASSM prévoient de poursuivre une réflexion éthique approfondie et continue sur ce sujet.