Hostilité envers les élus en Suisse : étude de l’Université de Zurich révèle l’ampleur du phénomène

wpbot_image_7jElNn

Hostilité envers les élus en Suisse : une étude de l’Université de Zurich mesure l’ampleur du phénomène

Une enquête commandée par le Département fédéral de justice et police (DFJP) et réalisée par l’Institut de sociologie de l’Université de Zurich détaille, pour la première fois, l’ampleur des actes hostiles visant des élus à différents niveaux de pouvoir – communal, cantonal et fédéral. Environ 3500 politiciens de tous niveaux ont été interrogés.

Les résultats indiquent que près de la totalité des parlementaires fédéraux déclare avoir été confrontée à des actes hostiles en 2023 et 2024. Le phénomène concerne également environ trois quarts des élus cantonaux et près de la moitié des élus communaux.

Typologie des attaques et risques encourus

Si le dénigrement verbal demeure l’attaque la plus répandue, les parlementaires fédéraux se trouvent aussi exposés à des risques physiques, tels que des menaces ou du harcèlement obsessionnel, selon les constatations de l’étude.

Profil des victimes et contextes

Les femmes et les minorités sont particulièrement touchées par ces discours hostiles. Le dénigrement est plus fréquent chez les élus situés aux extrêmes politiques, aussi bien à gauche qu’à droite. Des attaques physiques sont également observées, notamment à l’encontre d’élus de droite.

Thèmes sensibles et visibilité médiatique

Des thèmes sensibles, tels que la migration, l’égalité et la politique des transports, suscitent des réactions hostiles plus marquées. En outre, les élus médiatiquement visibles semblent être davantage ciblés par ces réactions.

Origines des attaques et implications

Les auteurs des hostilités varient selon le niveau de pouvoir: au niveau national, les attaques proviennent le plus souvent d’inconnus qui s’expriment par écrit, alors qu’au niveau local, elles proviennent davantage de membres d’autres partis et surviennent lors de contacts personnels.

Répercussions sur la vie politique

Les femmes et les minorités ressentent plus fortement ces attaques; certaines recourent à une réduction de leur présence médiatique. Face à ces discours haineux et à des réactions hostiles de leur entourage privé ou politique, la tentation de se retirer de la vie politique augmente pour plusieurs élus.