Meta s’endette massivement pour accélérer l’IA : émission obligataire de 30 milliards et implications pour les géants tech

President Trump hosts a dinner in the State Dining Room for tech and business leaders

US President Donald Trump jokes with Meta CEO Mark Zuckerberg (L) as he hosts tech leaders for a dinner in the State Dining Room of the White House in Washington, DC, on September 4, 2025. (Photo by SAUL LOEB / AFP)

Meta s’endette massivement pour accélérer l’IA

La société mère de Facebook a levé 30 milliards de dollars en une seule émission obligataire jeudi, une opération notable qui s’inscrit dans une tendance croissante chez les poids lourds du secteur. L’objectif affiché est de soutenir un développement accéléré de l’intelligence artificielle, avec le soutien des marchés qui semblent prêts à financer ce type d’initiative.

Réactions des marchés et enjeux financiers

Du côté boursier, l’action Meta a reculé d’environ 11% après des résultats jugés mitigés. Par ailleurs, la demande pour cette dette a été soutenue: Bloomberg indique qu’elle a atteint plus de quatre fois les montants proposés, et cette levée a coïncidé avec une correction du cours de Bourse ce jeudi. L’emprunt comprend une tranche pouvant s’étendre sur 40 ans et vise à alimenter la croissance de l’IA, qui exige des investissements importants chez Meta et chez ses concurrents.

Les analystes estiment que Wall Street n’est pas effrayé par l’envergure de l’opération, mais évoquent tout de même une pointe d’inquiétude. Selon eux, Mark Zuckerberg ne montre pas de réserve face aux coûts potentiels, ce qui se reflète dans les conditions d’accès au financement.

Garanties et niveau de risque

Une partie de la dette est garantie par des actifs physiques, notamment des centres de données et des composants matériels, ce qui contribue à limiter les risques perçus. Angelo Zino parle de « très peu de risques » sous réserve qu’aucune charge fiscale exceptionnelle ne vienne modifier le paysage, et rappelle que Meta affiche, au troisième trimestre, des résultats solides sans prendre en compte d’un éventuel impact fiscal majeur.

Par ailleurs, Meta a annoncé la création d’une collaboration avec Blue Owl Capital: une entité commune visant à lever environ 27 milliards de dollars pour financer des centres de données. La société indique également viser plus de 100 milliards de dollars de trésorerie à générer cette année, ce qui est suivi de près par les marchés.

Perspectives et comparaison avec les jeunes acteurs

Dans le secteur, des acteurs plus jeunes de l’IA présentent des trajectoires différentes: OpenAI, Anthropic ou Perplexity enregistrent des pertes importantes et ne dégagent pas encore de trésorerie, ce qui les pousse pour l’instant à lever des capitaux sous forme d’actions plutôt que par dette. Les spécialistes rappellent que l’émission de dette par des entreprises non bénéficiaires peut comporter des risques, et que ces jeunes sociétés devront probablement privilégier des levées de capitaux par actions à l’avenir.

Enfin, certains analystes soulignent que la dynamique actuelle des taux d’intérêt influence fortement le coût du capital pour les géants de la tech et que des facteurs macroéconomiques, y compris les décisions de la Réserve fédérale, restent déterminants pour l’évolution des investissements dans l’IA.