Débâcle de PrimeEnergy Cleantech: deux arrestations
PrimeEnergy Cleantech vendait aux petits épargnants des investissements dans
l’énergie photovoltaïque, via des obligations vertes.
PrimeEnergy Cleantech vendait aux petits épargnants des investissements dans
l’énergie photovoltaïque, via des obligations vertes.
Getty images
La fête est finie: deux anciens responsables de PrimeEnergy Cleantech (PEC), la
société dont la débâcle a englouti les économies
de quelque 2000 petits épargnants
,
principalement vaudois et genevois, ont été interpellés mardi. Selon nos
informations, il s’agit du CEO, Khalid Belgmimi
,
et de l’actionnaire principal, Laurin Fäh
.
Le Ministère public du bout du lac, qui n’a pas nommé les prévenus, s’est limité
à indiquer qu’ils avaient été arrêtés à Genève et à Bâle-Campagne. Il souhaite
qu’ils soient placés en détention provisoire. Il a déjà saisi le Tribunal des
mesures de contrainte d’une telle demande pour l’un et s’apprête à le faire pour
l’autre.
PEC commercialisait des obligations vertes
,
liées à des investissements dans l’énergie photovoltaïque. Ces interpellations
surviennent après plusieurs perquisitions menées dans les cantons de Genève (où
se trouvait la succursale ayant vendu les obligations), Vaud (sans doute chez
Bio Léman, à Gland, dont Khalid Belgmimi et Laurin Fäh étaient administrateurs,
et à qui PEC avait transféré 1,2 million, ainsi que l’avait relevé la «Tribune
de Genève ») et Bâle-Campagne (à l’évidence notamment à
Allschwil, où se situait le siège principal de PEC). Durant celles-ci, «des
documents et du matériel informatique ont été saisis. D’autres perquisitions
sont encore en cours», précise le Parquet.
Les deux hommes sont «suspectés d’avoir trompé de nombreux investisseurs et
d’avoir utilisé les fonds récoltés à d’autres fins que celles qui avaient été
promises, causant notamment l’insolvabilité et le surendettement de la société,
dont la faillite a été prononcée le 14 novembre 2024».
Le Parquet indique qu’ils sont tous deux poursuivis pour abus de confiance,
escroquerie, gestion déloyale et gestion fautive. Sur l’un d’entre eux pèsent en
sus les charges de banqueroute frauduleuse et fraude dans la saisie.
La procédure est conduite par trois procureurs
,
Alain-Édouard Fischer, Frédéric Hensler et Viviane Schenker, avec l’appui de la
brigade financière de la police judiciaire. À ce jour, plus de 800 lésés se sont
constitués parties plaignantes. L’ardoise totale dépasse les 120 millions de
francs
.
Le Ministère public précise que les prévenus bénéficient de la présomption
d’innocence.