Marché des yachts : les petites embarcations peinent face à l’inflation et aux droits de douane américains

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(FILES) A dark arcus cloud forms in the distant sky, as luxury yachts sit docked in the old port of Cannes, during the 78th edition of the Cannes Film Festival in Cannes, southern France, on May 22, 2025. While the trend for superyachts is always bigger, the market for smaller boats, hit hard by inflation and worried about US taxes, wants to revive itself at all costs. Interest remains high: before the major international show in Fort Lauderdale (Florida) at the end of October 2025, the Cannes Yachting Festival attracted 56,000 visitors at the beginning of September and the Monaco Yacht Show nearly 30,000 at the end of September. (Photo by Valery HACHE / AFP)

Contexte et dynamiques du marché

Alors que la vogue des superyachts pousse à des dimensions toujours plus importantes, le segment des plus petites embarcations cherche à se relancer malgré l’inflation et les droits de douane américains, avec une focalisation sur des offres plus attractives et des innovations adaptées.

Intérêt des salons et signes d’appétit du marché

Avant le grand rendez-vous international de Fort Lauderdale, Cannes Yachting Festival a attiré 56 000 visiteurs début septembre et le Monaco Yacht Show près de 30 000 fin septembre. Ces chiffres témoignent d’un intérêt soutenu, et pas uniquement de la curiosité.

Chiffres en France et tendances mondiales

En France, la Fédération des industries nautiques (FIN) signale une deuxième année consécutive de baisse des immatriculations sur la période septembre 2024-août 2025, soit -15 % pour les bateaux neufs et -3 % pour les bateaux d’occasion. Depuis 2019, les prix ont fortement augmenté, estimés entre 30 et 50 %, en raison de l’envol post-Covid et de la hausse des coûts des matières premières. Les petites embarcations semblent particulièrement touchées, avec un recours accru à la location selon Jean-Paul Chapeleau, président de la FIN.

Segments et dynamique par taille

Les ventes de bateaux de plus de 9 mètres restent relativement stables et le yachting de grandes dimensions (> 25 m) demeure dynamique. En revanche, dans le secteur des superyachts (plus de 30 m), Monaco a mis en avant 120 bateaux d’une valeur globale estimée à 4,4 milliards d’euros. Le rapport annuel de Superyacht Times, partenaire du salon, signale toutefois une baisse de 10 % des commandes sur les huit premiers mois de l’année. Par ailleurs, les yachts de plus de 40 mètres représentent 37 % des environ 6000 superyachts en opération et 61 % des près de 600 actuellement en construction.

Stratégies et évolutions produit

Pour sortir de la spirale inflationniste, les constructeurs misent sur un repositionnement tarifaire, des prix d’appel plus compétitifs et des modèles mieux performants au prix des anciens. Chez Beneteau, leader du secteur, la stratégie combine montée en gamme et renouvellement de l’entrée de chaque gamme afin de préserver l’attractivité globale du portefeuille. Dans le segment des plus petits bateaux, l’objectif est d’offrir des tarifs plus accessibles tout en préservant l’identité des gammes. Par exemple, le Lagoon 38, catamaran d’entrée de gamme mesurant 13 m, se caractérise par une salle de bains unique pour deux cabines et par l’utilisation de matériaux plus légers et moins coûteux.

Après un premier semestre 2025 plutôt morose sur le plan du chiffre d’affaires (-29 %), Beneteau a annoncé à Cannes une dynamique encourageante des prises de commandes qui pourrait soutenir la croissance au second semestre. Selon la FIN, les Américains représentent 45 % du marché mondial; l’augmentation des droits de douane américains ne devrait pas modifier fondamentalement les équilibres, les constructeurs américains dominant déjà le segment des petits bateaux à moteur et la plupart des grandes unités motorisées et de voile restant largement entre les mains d’acteurs européens.