Merz appelle à la création d’une Bourse européenne pour renforcer la compétitivité des marchés financiers de l’UE
Le chancelier allemand Friedrich Merz a plaidé, jeudi, en faveur de l’établissement d’une place financière européenne capable de rivaliser avec les marchés américains et asiatiques. L’objectif affiché est de prévenir la fuite de capitaux des entreprises européennes et de rétablir la compétitivité du continent. Prononcé devant le Bundestag avant un sommet européen, son discours a réaffirmé la nécessité d’unifier les marchés de capitaux de l’UE et d’harmoniser les cadres réglementaires des bourses européennes afin d’accélérer les flux financiers et les investissements.
Un projet redouté comme un « serpent de mer » des sommets européens
Le schéma visant à harmoniser les règles entre les places financières européennes est régulièrement évoqué lors des réunions des 27 États membres. L’objectif est d’expliquer une réglementation plus cohérente pour faciliter l’investissement et renforcer l’intégration des marchés au sein de l’Union.
Selon Merz, les entreprises ont besoin d’un marché des capitaux suffisamment profond et large pour se financer mieux, et surtout plus rapidement, afin de soutenir leur compétitivité sur le long terme.
Contexte économique et protectionnisme: Suisse et droits de douane
Le Seco, le Secrétariat d’État à l’économie suisse, évoque un contexte commercial particulièrement difficile, marqué par les droits de douane américains. Pour 2025, le Seco table sur une progression du produit intérieur brut (PIB) de 1,3 %, puis d’une croissance de 0,9 % en 2026. Ces prévisions ont été révisées à la lumière des droits de douane de 39 % imposés en août par les États‑Unis sur certains produits helvétiques, ainsi que d’un climat d’incertitude durable qui freine la conjoncture.
Comparativement, les droits américains restent plus élevés que ceux appliqués à d’autres partenaires, ce qui réduit encore la compétitivité des exportateurs suisses sur le marché américain. Pour comparaison, Washington a fixé à 15 % le taux pour certains produits destinés à l’Union européenne.
Ariane 6 et Sentinel-1D: avancées industrielles et spatiales
Ariane 6 doit effectuer en 2026 son premier lancement dans le cadre d’un important contrat avec Amazon, après deux missions réalisées cette année, dont une mission militaire en mars et une mission météorologique en août. Le lancement prévu le 4 novembre, depuis Kourou en Guyane française, vise à placer le satellite Sentinel-1D sur orbite dans le cadre du programme Copernicus.
Nestlé: réorganisation et résultats sur neuf mois
Le nouveau patron de Nestlé a annoncé la suppression de 16 000 postes sur les deux prochaines années, dans le cadre d’un programme visant à réaliser 3 milliards de francs suisses d’économies annuelles d’ici fin 2027, soit un réajustement par rapport à l’objectif précédent de 2,5 milliards. Le chiffre d’affaires sur neuf mois s’établissait à 65,9 milliards de francs suisses, en recul de 1,9 %. L’annonce a fait grimper le cours de l’action, qui gagnait environ 8,2 % à 12 h 55 pour atteindre 82,29 francs suisses.
Le plan de suppressions prévoit notamment 12 000 postes au niveau mondial dans des fonctions administratives et 4 000 postes supplémentaires dans des initiatives visant à accroître la productivité de la production et de la chaîne d’approvisionnement.
Marchés et géopolitique: tensions commerciales et crédits
Plusieurs développements économiques et géopolitiques ponctuent l’actualité: les marchés suivront les évolutions des droits de douane et des mesures protectionnistes, tandis que les discussions sur les chaînes d’approvisionnement et la compétitivité mondiale se poursuivent entre les grandes puissances et leurs partenaires.
Royal Mail et Ofcom: sanction et contrôle de la qualité
Royal Mail, filiale récemment intégrée dans un groupe dirigé par un investisseur privé, a été condamnée à une amende de 21 millions de livres par l’Ofcom pour des retards répétés dans la distribution. L’organisme régulateur a rappelé que 77 % du courrier prioritaire était livré dans les délais, contre un objectif de 93 %. Le groupe a assuré travailler à des améliorations concrètes et durables.
Stellantis et l’investissement américain
Stellantis a annoncé un investissement record de 13 milliards de dollars sur les quatre prochaines années aux États‑Unis, visant à augmenter la production d’environ 50 % et à lancer cinq nouveaux modèles. Le groupe prévoit aussi dix‑neuf initiatives liées à ses produits d’ici 2029 et la création de plus de 5 000 emplois dans des usines situées notamment dans l’Illinois, l’Ohio, le Michigan et l’Indiana. Cette initiative s’inscrit dans le cadre de son plus gros investissement unique en un siècle d’histoire et vise notamment à relancer l’usine de Belvidere (Illinois).
Tendances macroéconomiques et marchés
Plus globalement, les indicateurs de la dette et des marchés financiers fluctuèrent sous l’effet des incertitudes politiques et économiques. Le gouvernement américain a annoncé des actions de soutien et des échanges avec ses partenaires, tandis que les marchés boursiers européens clôturaient en baisse à la suite des derniers développements économiques et politiques. Suivant les événements, les valeurs du CAC 40 et des autres indices majeurs ont connu des variations significatives, reflétant l’état d’esprit des investisseurs et les perspectives économiques.
Prévisions et dynamiques mondiales
Le Fonds monétaire international (FMI) prévoit que la croissance mondiale devrait résister mieux que prévu, avec une progression estimée autour de 3,2 % en 2025 et 3,1 % en 2026, malgré les tensions commerciales et les risques de fragmentation. Aux États‑Unis, la croissance est attendue à environ 2 % en 2025 et 2,1 % en 2026.
Conclusion
Face à une conjoncture économique et industrielle marquée par des réformes, des ajustements structurels et des tensions sur les chaînes d’approvisionnement, les acteurs publics et privés poursuivent leur travail pour stabiliser les marchés et préserver la compétitivité européenne et mondiale. Le débat autour d’une Bourse européenne demeure au cœur des discussions des décideurs et des acteurs économiques.