Shein s’installe dans les grands magasins français et crée la controverse

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Fondée en Chine en 2012, désormais basée à Singapour et accusée de tuer le
prêt-à-porter français, Shein, marque de vêtements et d’accessoires, se démarque
par ses prix extrêmement bas, la profusion des références et son marketing
agressif.

Après avoir testé des boutiques éphémères, notamment à Paris, la plateforme,
spécialiste de la vente en ligne, a jeté son dévolu sur la France pour y ouvrir
ses premiers magasins permanents.

Six établissements doivent voir le jour “progressivement” à partir de novembre,
d’abord au sein du grand magasin BHV parisien puis dans des Galeries Lafayette à
Dijon, Reims, Grenoble, Angers et Limoges, fruit d’un accord avec l’exploitant,
la Société des Grands Magasins (SGM).

>> REVOIR LE SUJET D’A BON ENTENDEUR SUR SHEIN :

Shein, le nouvel ogre de la fast fashion.

Shein, le nouvel ogre de la fast fashion / A bon entendeur / 26 min. / le 6
décembre 2022

“PROFOND DÉSACCORD” DES GALERIES LAFAYETTE

Cette foncière commerciale détient et exploite le BHV Marais et sept magasins
Galeries Lafayette, qui n’appartiennent plus au groupe du même nom.

Mais le groupe Galeries Lafayette a immédiatement exprimé, mercredi soir, son
“profond désaccord” avec la décision de SGM. Il a annoncé qu’il refusait
l’installation de la marque asiatique dans les cinq magasins affiliés concernés,
dénonçant “le positionnement” et “les pratiques” d’une enseigne d’ultra fast
fashion jugées incompatibles avec son offre et ses valeurs. Le groupe estime en
outre que le projet contrevient aux conditions contractuelles d’affiliation qui
le lient à SGM.

“MALENTENDU”

De son côté, SGM, “réaffirme que ce partenariat est conforme aux conditions
contractuelles liant SGM aux Galeries Lafayette”, et assure que “le dialogue
reste constant entre les deux pour lever ce malentendu”.

> En ouvrant leurs portes à l’ultra fast fashion, ces grands magasins tournent
> le dos à leur rôle patrimonial et culturel
>
> Yann Rivoallan, président de la Fédération française du prêt-à-porter féminin 

Malentendu ou pas, la foncière commerciale fondée en 2021 par les frère et sœur
Frédéric et Maryline Merlin, se retrouve confrontée à la colère des
professionnels de l’habillement.

“En ouvrant leurs portes à l’ultra fast fashion, ces grands magasins tournent le
dos à leur rôle patrimonial et culturel”, a déclaré de son côté Yann Rivoallan,
président de la Fédération française du prêt-à-porter féminin.

Le président de SGM, Frédéric Merlin, n’est pas du même avis: “Un même
consommateur peut acheter une pièce Shein et, le même jour, un sac de marque”,
dit-il. “C’est cette liberté, ce mélange des genres, qui fait la richesse et
l’avenir du grand magasin.”

>> Relire : Shein, ces vêtements bon marché… et remplis de produits toxiques

SHEIN SE DÉFEND

Pour sa part, Shein défend son “engagement pour revitaliser les centres-villes
partout en France, restaurer les grands magasins et développer des opportunités
pour le prêt-à-porter français”. Et fait valoir que ce partenariat doit
permettre “la création de 200 emplois directs et indirects en France au sein de
SGM”.

Shein emploie 16’000 personnes dans le monde et a réalisé 23 milliards de
dollars (20 milliards d’euros) de chiffre d’affaires en 2022.

La plateforme est régulièrement accusée de pollution environnementale en raison
des volumes colossaux qu’elle met sur le marché et soupçonnée de conditions de
travail indignes alors qu’elle s’approvisionne principalement en Chine.

hkr avec afp