Traite des êtres humains en Suisse : Vaud et Valais renforcent l’accompagnement des victimes
Symbolbilder Prostitution am 21.10.2021
Contexte et victimes de la traite en Suisse
Les victimes de traite et d’exploitation proviennent de toutes origines, sexes et âges. Dans le canton de Vaud, il est précisé que ces personnes peuvent être recrutées, hébergées ou transportées par des réseaux internationaux de traite présents en Suisse. Elles se voient souvent promettre un travail bien rémunéré et un avenir meilleur, mais se retrouvent menacées, leur passeport est confisqué et elles sont contraintes à des activités illicites, à la prostitution ou à des emplois dans des secteurs tels que l’aide à la personne, le ménage, la restauration, les travaux agricoles ou de petites entreprises.
Astrée et l’accompagnement des victimes à Vaud
Créée il y a dix ans pour mettre en place et gérer un dispositif d’accompagnement, l’association ASTRÉE suit 124 personnes en 2024, contre 30 en 2016. Elle identifie les victimes, les héberge et les accompagne dans les démarches administratives et juridiques, le suivi sanitaire, la recherche de logement et l’insertion socio-professionnelle. Selon Angela Oriti, directrice d’ASTRÉE, l’objectif est de les accompagner tout au long de leur parcours jusqu’à ce qu’elles trouvent un logement et puissent mener une vie indépendante.
Évolutions et résultats dans le canton de Vaud
Le canton a annoncé une hausse du nombre de places d’hébergement, passant de 8 à 10 en 2025, et prévoit en 2026 l’ouverture d’un local externe dédié aux consultations ambulatoires. Parallèlement, les procédures pénales et les condamnations liées à la traite se sont accrues : en 2024, le canton a prononcé plus d’une dizaine de condamnations et près de 36 procédures étaient en cours, avec quinze nouvelles dénonciations.
Valais : mise en place d’un dispositif de suivi
En Valais aussi, une structure de suivi des cas a été créée, ce qui a permis une meilleure détection des victimes. Sur 18 mois d’activité, 28 victimes ont été accompagnées, chiffre supérieur à l’ensemble des situations recensées entre 2013 et 2022. Par ailleurs, 250 professionnels ont été formés pour repérer les signaux et orienter les victimes, les formations ayant notamment été dispensées à la police cantonale et au personnel en aide aux victimes.