Volkswagen en perte nette au T3 malgré une hausse du chiffre d’affaires : l’impact des droits de douane et du plan Porsche
Portrait de Nathalie Fontanet, le jeudi 25 avril 2024, a la Place de la taconnerie 7 a Geneve (Bastien Gallay / Tamedia)
Contexte financier et résultats
Le constructeur Volkswagen a publié les résultats du troisième trimestre, affichant une perte nette de 1,07 milliard d’euros. Cette situation résulte principalement des droits de douane américains et des coûts liés au programme de restructuration de Porsche, selon un communiqué du groupe.
Avec ses dix marques, dont VW, Skoda et Porsche, le groupe a enregistré sa première perte trimestrielle depuis le deuxième trimestre 2020, après six trimestres consécutifs de bénéfice en recul. Le chiffre d’affaires a progressé de 2,3 % pour atteindre 80,31 milliards d’euros, soutenu par une hausse modeste des ventes de véhicules de 1 % à l’échelle mondiale.
Plusieurs facteurs expliquent ce recul : la faiblesse de la performance de Porsche et les coûts liés à sa réorientation vers l’électrique, ainsi que le retard pris dans le lancement de certains véhicules électriques semblent y contribuer.
Facteurs qui pèsent sur les résultats
Les droits de douane américains constituent un fardeau important. Après être passés de 2,5 % à 27,5 % en avril, puis réduits à 15 % en août, ces prélèvements continuent d’affecter les exportations de Volkswagen, malgré une présence industrielle aux États-Unis dans l’usine du Tennessee. Audi et Porsche, bien que parmi les entités les plus rentables du groupe, fabriquent la plupart de leurs modèles hors des États-Unis. Selon Arno Antlitz, directeur financier, ces droits pourraient coûter jusqu’à 5 milliards d’euros sur l’année.
Par ailleurs, la marge des véhicules électriques demeure faible. Leur volume a augmenté de 33 % au troisième trimestre, mais ces modèles restent moins rentables en raison du coût encore élevé des batteries.
Plan de performance et restructuration
Le communiqué souligne que les programmes de performance initiés par la société mère commencent à porter leurs fruits. Le groupe a lancé fin 2022 un plan de restructuration destiné à rétablir les marges. Dans ce cadre, Volkswagen prévoit la suppression de 35 000 postes d’ici 2030, soit près de 29 % des effectifs en Allemagne, une étape historique pour l’entreprise.
La demande moindre pour les modèles électriques a conduit à suspendre temporairement la production sur deux sites en Allemagne cet automne. Le groupe confirme ses prévisions annuelles sous réserve d’une disponibilité suffisante de semi-conducteurs. Cette situation intervient alors que l’industrie européenne est confrontée à des tensions d’approvisionnement en semi-conducteurs, notamment liées au fabricant Nexperia.