54 milliards de hausses d’impôts : le gouvernement enfonce encore la fiscalité française plutôt que de réformer
Le gouvernement français a dévoilé début octobre son projet de budget pour 2027. Censé réduire le déficit public de 5,4 % à 5 %, ce plan de 54 milliards d’euros est présenté comme un effort budgétaire majeur. En réalité, il ne s’agit que d’une nouvelle rustine fiscale qui évite soigneusement de s’attaquer aux vrais problèmes structurels des finances publiques françaises.
Un déficit qui refuse de baisser
La dette publique de la France devrait atteindre 119,3 % du produit intérieur brut (PIB) cette année et pourrait grimper à 121,7 % en 2027. Ces chiffres terrifient les investisseurs. La France possède désormais le troisième niveau de dette le plus élevé de l’Union européenne, derrière la Grèce et l’Italie. Pis encore, le déficit français continue de se creuser : au premier trimestre 2026, il montait à 5,1 % du PIB, bien au-dessus de la moyenne européenne.
Face à cette impasse budgétaire, le gouvernement a multiplié les promesses. L’ambition affichée était claire : ramener le déficit à 5 % en 2027. Mais le plan présenté le 1er octobre ne tient pas ces engagements. Ministres ont présenté 43 milliards de nouvelles mesures censées réduire le déficit budgétaire de 2027, auxquels s’ajoutent quelques milliards d’économies antérieures pour atteindre le total de 54 milliards.
Des hausses d’impôts plutôt que des réformes
Le mode opératoire du gouvernement Lecornu reste inchangé : quand le déficit grimpe, on lève les taxes. L’effort de 54 milliards entraînera une hausse du taux de prélèvements obligatoires de 0,3 point. Une modestie affichée qui masque une réalité : l’État continue d’augmenter le poids fiscal sur les ménages et les entreprises au lieu de réduire ses dépenses courantes.
Parmi les mesures, figurent le durcissement de l’imposition des retraités. Le gouvernement prépare une nouvelle limitation de l’abattement fiscal dont bénéficient les retraités, une mesure déjà tentée l’année précédente. Cette politique de pression fiscale croissante sur tous les étages de la société s’ajoute à d’autres prélèvements annoncés : taxation accrue des patrimoines, nouvelles contributions sur les grandes entreprises, et bien sûr des taxes sur les holdings patrimoniales.
L’absence de réforme structurelle
Ce qui frappe véritablement, c’est ce qui manque du plan gouvernemental. Aucune réforme profonde de la dépense publique ne figure au menu. Les ministres se contentent de présenter des retouches cosmétiques au budget, exactement comme leurs prédécesseurs. Les gouvernements successifs refusent d’affronter la question centrale : la France dépense structurellement trop par rapport à ses revenus, et cet écart ne cessera de s’agrandir tant qu’on ne s’y confrontera pas.
L’État français demeure une immense machine qui accumule les dépenses sans jamais les réduire. Subventions aux secteurs déficitaires, investissements publics mal pilotés, allocations de tous types : voilà les leviers qu’aucun gouvernement n’ose vraiment actionner. Au lieu de cela, on prélève davantage sur ceux qui travaillent et qui produisent, espérant ainsi boucher les trous d’une gestion chaotique des finances publiques.
Une trajectoire impossible
Le problème est que cette approche atteint ses limites. Le taux de prélèvements obligatoires français approche déjà de records européens. Les ménages et les entreprises qui financent ce système par leurs impôts et cotisations voient leurs marges de manœuvre rétrécir année après année. Quant à l’investissement privé et à la création d’activité, ils deviennent progressivement moins attractifs dans un cadre fiscal qui se durcit sans cesse.
Le plan de 54 milliards ne résoudra rien. Il sera suivi dans quelques mois de nouvelles augmentations de déficit, de nouvelles procédures d’infraction européennes, et de nouveaux “plans” d’ajustement fiscal tout aussi creux. Tant que la classe politique française refusera de vraiment réduire les dépenses publiques, la France restera prisonnière de ce cycle infernal : déficit croissant, endettement galopant, et fiscalité étouffante qui paralyse l’économie. Voilà le véritable coût de l’illusion budgétaire gouvernementale.