Budget 2027 : les retraités sacrifiés pour colmater un déficit ingérable

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Le gouvernement a jeté son dévolu sur la solution la plus électoraliste qui soit : faire payer les retraités. Jeudi, le gouvernement a dévoilé son projet de budget pour 2027, prévoyant 43 milliards d’euros d’économies et visant à ramener le déficit à 5 % du PIB. Sur cette enveloppe, les pensions supérieures à 1 260 euros ne seraient pas indexées intégralement sur l’inflation et le plafond de l’abattement de 10 % sur les retraites serait réduit. Au total, les retraités sont mis à contribution pour 5,5 milliards d’euros.

Un choix révélateur de l’impuissance gouvernementale

Ce budget expose crûment l’incapacité du gouvernement à s’attaquer aux vraies sources du déficit. Plutôt que de réformer la dépense publique structurelle ou de repenser le rôle de l’État, Lecornu préfère geler les revenus de ceux qui ont cotisé toute leur vie. Bien que les entreprises soient sollicitées, la surtaxe d’impôt sur les sociétés des grandes entreprises sera abaissée à 5 milliards d’euros au lieu de 7,3 actuellement. Le message est clair : les retraités trinquent davantage que les grandes entreprises.

Rappelons le contexte. Selon les propres paroles du premier ministre, si l’on ne fait rien, le déficit dépassera 6,5 % du PIB. Or, 43 milliards d’économies et 5 % de déficit restent largement insuffisants face à la crise des finances publiques. La vérité que nul n’ose dire est qu’il faudrait réduire la dépense publique d’au moins 150 milliards d’euros pour revenir dans la zone de crédibilité pour les marchés financiers.

Les retraités paient, le système persiste

Ce budget cristallise un choix de société fondamentalement contraire aux principes conservateurs : on sacrifie la classe moyenne vieillissante plutôt que de remettre en question l’architecture dépensière de l’État. Les retraités, dont beaucoup ont contribué au cours d’une vie professionnelle entière, se voient pénaliser par des gouvernements qui refusent de trancher dans le vif.

Le gouvernement justifie cette position en évoquant la nécessité de réduire le déficit de la Sécurité sociale. Pour diviser « presque par deux » le déficit de la Sécurité sociale l’an prochain, il passerait à 12,7 milliards d’euros, le gouvernement propose cet effort de 5,5 milliards. Mais c’est un pansement sur une plaie qui exige une véritable chirurgie. Le système, dans son ensemble, reste dysfonctionnel.

L’urgence que l’on repousse

Le vrai scandale n’est pas que l’on demande des efforts aux retraités. C’est que ces efforts ne s’inscrivent dans aucune stratégie visant à restaurer l’équilibre budgétaire structurel. Les réductions prévues au cœur du projet ne transforment rien à la trajectoire infernale de la dette publique. Avec un déficit projeté à 5 %, la France continue de creuser son trou année après année.

Avant les élections présidentielles de 2027, le gouvernement fait le choix de la complaisance envers le système bureaucratique tout en pressant les retraités. C’est un calcul politique court-termiste qui hypothèque l’avenir.