Budget 2027 : Lecornu promesse un redressement symbolique quand la France s’endette

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Sébastien Lecornu joue l’apaisement budgétaire avant la présidentielle. Le Premier ministre s’oriente vers un déficit public ramené à 4,9 % du PIB pour 2027, un progrès minuscule face à l’ampleur de la crise financière française. Ce chiffre doit être présenté le 30 septembre aux députés, mais derrière la promesse du redressement se cache une réalité bien moins reluisante.

Cette cible représente surtout un artifice comptable. Lecornu refuse catégoriquement toute augmentation d’impôts pour ne pas effrayer l’électorat avant le scrutin présidentiel, un choix politique qui laisse peu de marge de manœuvre budgétaire. Sans nouvelles rentrées fiscales, l’État doit donc miser sur les coupes de dépenses, un exercice rendu quasi impossible par la fragmentation parlementaire et les demandes contradictoires de la gauche et de la droite.

Le bilan économique sur lequel s’appuient ces annonces frise l’absurde. La croissance a été nulle au deuxième trimestre 2026, après une contraction de 0,2 % au premier trimestre. Ces débâcles successives enterrent déjà la cible de 0,7 % de croissance fixée au début de l’année. Sans dynamique économique, aucun redressement budgétaire n’est durable.

Le gouvernement voudrait faire croire que tout sera « réversible » : les mesures prises avant 2027 pourraient être annulées par la majorité suivante, comme si les déficits publics pouvaient se dissoudre au gré des calendriers électoraux. C’est ignorer la réalité de l’endettement français et la hausse continue de la charge de la dette, d’autant que les taux d’intérêt restent élevés. Chaque trimestre sans croissance entraîne une nouvelle accumulation de déficit structurel.

En 2029, Bruxelles exige un déficit ramené sous la barre des 3 % du PIB pour respecter les règles européennes et freiner la hausse continue de la dette. Cet objectif semble désormais hors de portée. Les écarts entre les promesses actuelles et les réalités futures sont abyssaux, et tout porte à croire que le gouvernement Lecornu, conscient de l’impasse, repousse simplement les arbitrages à une majorité future qui héritera d’une ardoise encore plus lourde.

L’approche minimaliste, sans grande réforme, conforte une classe politique française qui refuse d’affronter les vrais enjeux : la dépense publique reste étouffante, les réformes de fond demeurent utopiques en période électorale, et les marchés financiers perdent progressivement confiance. Entre promesses de campagne et réalités budgétaires, la France navigue à vue.