Croissance française au-dessous de 0,7% : le gouvernement Lecornu enfonce le clou sur les finances publiques

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Le cauchemar budgétaire du gouvernement Lecornu s’aggrave. Le gouvernement a annoncé, mardi 7 juillet, baisser sa prévision de croissance pour la France de 2026, passant de 0,9% en avril à 0,7%. Une débâcle qui cristallise deux ans d’impéritie macroéconomique : incapacité à maîtriser la dépense publique, volatilité des prévisions, et absence flagrante de politique de redressement crédible.

Une deuxième révision à la baisse en trois mois

Cette révision tient compte d’un début d’année moins favorable qu’anticipé lié notamment à la loi spéciale, ainsi que de la situation internationale, notamment du conflit au Moyen-Orient. Mais cette explication convient à peine à masquer une réalité plus gênante : les gouvernants français ont perdu toute capacité de prévision. Plusieurs mauvaises nouvelles se sont succédé au printemps, dont un recul du PIB de 0,1% au premier trimestre.

Cette révision est d’autant plus dommageable qu’elle ébranle la crédibilité de l’État auprès des marchés financiers et des institutions européennes. Cette annonce aligne désormais la prévision officielle sur celles de l’INSEE, du Fonds monétaire international (FMI) et de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), qui tablent toutes sur 0,7% de croissance pour la France cette année. Cependant, la Banque de France anticipe pour sa part une croissance de 0,5%, laissant planer un doute supplémentaire sur la trajectoire réelle.

L’objectif de déficit : un mirage qui s’éloigne

Avec cette révision, l’objectif d’un déficit public de 5% du produit intérieur brut (PIB) en 2026 que s’est fixé le gouvernement se révèle “difficile à atteindre”. C’est, euphémisme oblige, avouer l’échec. Le gouvernement a été contraint d’annoncer 3 milliards d’euros d’économies supplémentaires sur le budget de l’année en cours pour faire face aux “risques” de dérives qui pèsent sur les comptes, alors que la trajectoire des finances publiques se complique, sur fond de croissance révisée à la baisse et de dépenses sous tension.

Ces 3 milliards d’euros de nouvelles coupes budgétaires s’ajoutent aux 6 milliards déjà annoncés en avril. Soit neuf milliards en cinq mois : l’aveu que le budget initial n’était qu’un leurre. Le ministre de l’Économie, Roland Lescure, a déclaré : “Evidemment, notre objectif de déficit public de 5% est aujourd’hui difficile à atteindre. Nous ferons tout pour nous en rapprocher au maximum”. Traduction : on abandonne l’objectif tout en sauvant les apparences.

L’épée de Damoclès de la dette

La France affiche l’un des plus importants déficits de la zone euro, à 5,1% du produit intérieur brut (PIB) en 2025, le deuxième derrière la Belgique, et sa dette colossale s’élevait à 3 536,1 milliards d’euros à la fin du premier trimestre, soit 117,5% du PIB. Ces chiffres glaciaux révèlent l’ampleur du défi : la France n’a pas seulement un problème de croissance, elle a un problème structurel de dépenses qui explosent.

La scène du comité d’alerte du 7 juillet en dit long. Le comité d’alerte, réuni par David Amiel puis présidé par Sébastien Lecornu, associait ministres et représentants parlementaires pour arrêter la méthode et le calendrier de ces nouveaux efforts. Traduction : un gouvernement fragmenté qui cherche des consensus mous plutôt que de trancher. Et pour cause : chaque coupe budgétaire provoque des cris, chaque ajustement fiscal paralyse le mécanisme économique.

Le piège systémique

La mécanique est désormais implacable. Une croissance revue à la baisse dégrade les recettes fiscales. Un déficit qui s’aggrave renforce la charge de la dette. Et cette charge écrase les marges budgétaires. La croissance en valeur 2026 de 2,0% est désormais inférieure au taux d’intérêt apparent de la dette publique, engageant l’effet boule de neige sur la dette, qui devrait atteindre 118,7%.

C’est un scénario que les conservateurs avertissaient depuis des années. L’État français dépense au-delà de ses moyens, financé de moins en moins par la croissance et de plus en plus par l’emprunt et les impôts. Le gouvernement Lecornu, paralysé par l’Assemblée fragmentée, n’a ni l’autorité politique ni la volonté réformatrice pour inverser cette trajectoire. Les coupes de 9 milliards annoncées sont des rustines. Ce qu’il faudrait, c’est une maîtrise structurelle de la dépense publique, un retour à l’équilibre budgétaire par réduction des effectifs de l’État et des allocations, non par des ponctions supplémentaires sur les contribuables déjà exsangues.

Le pire ? Les taux d’intérêt pourraient remonter demain. Et la France n’a aucune marge pour absorber un nouveau choc.