L’INSEE enfonce le clou : la croissance française s’effondre à 0,4 %, le gouvernement reste paralysé

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L’Institut national de la statistique et des études économiques vient de réduire ses prévisions de croissance pour 2026 à 0,4 %, contre 0,7 % auparavant. Un nouveau coup pour l’exécutif, qui s’obstine à afficher des objectifs irréalistes tandis que l’économie française décélère sensiblement par rapport à ses partenaires européens. Le premier semestre a déjà livré ses mauvais chiffres : contraction de 0,2 % au premier trimestre, stagnation au deuxième.

Une économie qui décoche

Ce qui inquiète vraiment, c’est le diagnostic comparatif. L’économie française a « décroché » face à ses voisins, selon l’INSEE lui-même. La croissance hexagonale serait désormais trois fois moins importante que celle de la zone euro ou du Royaume-Uni. Cet écart n’est pas anecdotique : il traduit une dégradation de compétitivité qui ne peut être compensée par des mesures ponctuelles ou des promesses de redressement.

Le gouvernement, depuis février avec la promulgation de la loi de finances 2026, annonçait des économies et des mesures de rigueur pour réduire le déficit. Le résultat ? Une sorte d’économies de Schrödinger, à la fois annoncées et introuvables, dont la moitié des 10 milliards prévus pour 2026 reste sans le moindre détail. Les promesses et la réalité ne se rencontrent tout simplement pas.

L’endettement s’aggrave, malgré les efforts

Quant à la dette publique, elle devrait atteindre 118,2 % du PIB en 2026, contre 115,9 % en 2025. Les efforts budgétaires se sont d’ailleurs progressivement réduits sous la pression politique. L’effort budgétaire s’est réduit par rapport aux ambitions initiales de Sébastien Lecornu et de son prédécesseur François Bayrou, qui prévoyait de réduire le déficit public jusqu’à 4,6 % du PIB. Aujourd’hui, ce niveau est insuffisant pour stabiliser la dette.

Sous couvert de fiscalité stable pour les particuliers, le gouvernement a mis en place une série de prélèvements ciblés sur les grandes entreprises et les détenteurs de patrimoine financier. Mais ces mesures ne résoudront jamais le problème fondamental : les dépenses restent rigides, l’investissement public est limité par les contraintes européennes, et l’économie s’enfonce dans une croissance anémique qui rend tout redressement des finances publiques quasi impossible sans une consolidation structurelle.

L’impasse budgétaire se referme

L’économiste Éric Heyer, de l’OFCE, pointait déjà que les mesures budgétaires prévues pour 2026 amputeraient la croissance de 0,5 point de PIB, et pour 2027, l’impact pourrait atteindre 0,6 point. La France doit freiner son économie pour stabiliser progressivement ses finances publiques, alors même que son économie manque déjà de dynamisme. C’est un cercle vicieux : pour réduire le déficit, il faut resserrer la dépense publique, ce qui pénalise la croissance, ce qui complique ensuite la réduction du déficit.

Avec une croissance divisée par deux en quelques mois, un endettement qui continue de grimper et des mesures budgétaires qui freinent plutôt qu’elles ne stimulent, le gouvernement n’a qu’une seule carte à jouer : l’espoir que l’économie mondiale ne se détériore pas davantage et que les taux d’intérêt restent à des niveaux supportables. Tout le reste relève de l’affichage.