Trois milliards d’euros de coupes : le gouvernement Lecornu joue la montre budgétaire

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Nouvelle débâcle budgétaire : Lecornu annonce 3 milliards d’euros de coupes sans perspective réelle

Le gouvernement a annoncé mardi 7 juillet baisser sa prévision de croissance pour la France en 2026, tout en annonçant 3 milliards d’euros de nouvelles coupes budgétaires pour l’État et la Sécurité sociale, qui s’ajoutent aux 6 milliards déjà annoncés en avril. Un coup de semonce supplémentaire qui confirme l’impasse dans laquelle s’enlise le gouvernement Lecornu, incapable de maîtriser ses dépenses et confronté à une réalité économique qui se dégrade mois après mois.

Cette réévaluation fait suite à un début d’année moins favorable qu’anticipé. La nouvelle prévision de croissance est dans la lignée de celles de l’INSEE, du Fonds monétaire international et de l’OCDE qui tablent aussi sur 0,7% cette année, tandis que la Banque de France anticipe pour sa part une croissance de 0,5%. Avec une croissance pratiquement à l’arrêt, l’État n’aura plus l’excuse de la conjoncture pour justifier ses déficits récurrents.

Les annonces de réductions budgétaires, en apparence musclées, masquent une réalité bien plus préoccupante : le gouvernement avoue son incapacité à atteindre ses propres objectifs. Avec cette révision, l’objectif d’un déficit public de 5% du produit intérieur brut que s’est fixé le gouvernement se révèle difficile à atteindre, mais tout sera fait pour s’en rapprocher au maximum. Traduction : le gouvernement promet, mais ne garantit rien. Les énièmes « efforts » annoncés ne sont que des rustines sur un navire qui coule.

Une consolidation sans substance

Le ministre de l’Économie a précisé que le gouvernement actualiserait ses prévisions de déficit en septembre. En d’autres termes, dans deux mois, le gouvernement reconnaîtra probablement que ses trois milliards d’euros de coupes promises en juillet n’auront pas suffi. C’est devenu un rituel : chaque annonce de rigueur budgétaire est rapidement contredite par la réalité des chiffres.

La forme de ces économies (gels ou annulations de crédits) sera décidée ultérieurement. Autrement dit, rien n’est encore décidé. Le gouvernement agite le spectre de coupes budgétaires sans en avoir vraiment le courage politique ni la volonté d’en supporter les conséquences. Cette approche molle, caractéristique de la gestion Lecornu, révèle l’impotence d’une majorité fragmentée incapable de prendre les vraies décisions.

Ce qui distingue un vrai gouvernement d’un gouvernement en sursis, c’est justement la capacité à trancher, à choisir ses priorités et à les tenir. La France n’a ni l’un ni l’autre. Face à une croissance anémiée et un déficit qui explose, Lecornu tâtonne, reporte ses arbitrages et laisse filer les dépenses publiques. Les contribuables français, eux, devront à nouveau serrer la ceinture.

Le piège cyclique

Le vrai scandale budgétaire français n’est pas nouveau. Le déficit s’explique par un écart structurel entre dépenses et recettes accumulé depuis 1974, soit 52 années consécutives de déficit, record qu’aucune autre démocratie occidentale ne possède. Trois milliards ou six milliards de coupes, au rythme actuel du déficit structurel, c’est aller chercher de l’eau avec un tamis.

Pour un site attaché aux principes de saine gestion des finances publiques et de responsabilité fiscale, ces annonces sont symptomatiques d’un État qui a perdu la maîtrise de son destin budgétaire. La croissance faible, les coupes fragmentaires et l’absence de réforme structurelle creusent un fossé inévitable : demain, on devra bien payer les dettes d’aujourd’hui. À moins que le gouvernement ne trouve enfin le courage de faire autrement.