Budget 2027 : le Parlement rejette les recettes, le gouvernement face au mur du déficit intenable

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Le gouvernement Lecornu encaisse un premier revers parlementaire qui en annonce d’autres. Les députés ont rejeté la partie “recettes” du budget 2027 en commission, dimanche 8 octobre, quelques jours avant le débat en séance plénière. Ce camouflet exposé aux yeux de tous confirme ce que les observateurs avertis savaient déjà : il n’existe plus de majorité stable pour voter l’addition fiscale nécessaire au bouclage des comptes.

Ce refus, en lui-même mineur sur le plan procédural, révèle une fracture bien plus profonde. Pour la énième fois, le gouvernement se trouve en situation de devoir trancher entre deux voies toutes deux catastrophiques : augmenter massivement les prélèvements et risquer une rébellion parlementaire, ou chercher refuge dans les ordonnances et offrir ainsi un spectacle de faiblesse institutionnelle. Le ministre de l’Économie Roland Lescure a assuré qu’il “préfèrerait éviter” le recours aux ordonnances budgétaires en cas d’impasse au Parlement. Or, préférer et pouvoir sont deux choses distinctes.

L’addition s’aggrave : quand la dette dévore le budget

Depuis le budget 2026, la situation n’a pas progressé, elle s’est détériorée. La version finale du budget 2026 avait prévu une réduction du déficit public à 5 % du PIB, alors que l’objectif initial du gouvernement était plus ambitieux (4,7 %). Un aveu à peine voilé d’incapacité politique. Chaque année, le plafond s’abaisse, les promesses s’évanouissent, les ordonnances se multiplient.

Pour 2027, le gouvernement doit trouver des recettes supplémentaires, mais tout impôt nouveau butte désormais sur le refus de sa propre majorité à géométrie variable. Le déficit public avait atteint 5 % du PIB en 2026, contre 4,7 % visé dans le projet initial, soit une dérive de 9 milliards d’euros qui illustre l’écart chronique entre promesses et réalité. La dette devait atteindre près de 118 % du PIB en fin d’année, poids mortifère qui rend chaque exercice budgétaire plus étouffant que le précédent.

Le vrai problème : refuser la réforme des dépenses

Augmenter les impôts sans plafond, c’est le choix de la facilité. Réformer les dépenses de l’État, c’est affronter des vested interests politiques, syndicaux et socratiques. C’est pourquoi, élection après élection, gouvernement après gouvernement, on tourne en rond dans ce même manège fiscal : hausser la fiscalité sur les entreprises et les particuliers pour pansement un déficit que seule une cure de maîtrise dépenses pourrait vraiment réduire.

Le rejet de la commission n’est qu’un symptôme. La maladie est bien plus profonde. Elle s’appelle absence de stratégie de redressement structurel, capitulation face aux demandes perpétuelles de dépenses nouvelles, et perpétuation d’une fiction comptable où on boucle chaque année en promettant que ce sera mieux l’année d’après.

Lecornu et Lescure feraient bien de regarder en face ce que le Parlement, malgré son fragmentations, lui crie depuis la rentrée : on ne peut plus colmater les brèches en empilant les impôts. Il faut choisir. Or, un gouvernement qui préfère les ordonnances à la réforme a déjà choisi, et ce choix s’appelle l’abandon.